L’utilisation des téléphones portable accroit-elle le risque du cancer du cerveau ?

Depuis plusieurs années les enquêtes se suivent divisant la population en deux camps : ceux pour qui l’utilisation du téléphone mobile n’a aucun impact sur la santé et les autres pour qui l’impact est réel, mais les conséquences se verront d’ici quelques temps.

Il est vrai les enjeux commerciaux de la téléphonie mobile sont tellement importants que les questions de santé publique sont parfois reléguées au second plan, et les études menées n’ont pas toujours l’indépendance souhaitée.

On a tous en tête des produits de grande consommation qui ont été largement diffusés pendant des dizaines d’années, avant qu’un scandale n’éclate dévoilant les impacts réels sur la santé : tabac, amiante, hormones de croissance, ….et récemment le Médiator des laboratoires Servier.

Une première étape a été franchie par l’OMS (Organisation Mondiale de la Santé) en mai 2011 en classant les mobiles en 2b, un des cinq niveaux de classification qui définit des produits “peut-être cancérogènes pour l’homme ». L’OMS a indiqué que les preuves étaient assez fortes pour justifier cette classification.

Au contraire, il y a quelques jour, en octobre 2011, une étude menée au Danemark et portant sur plus de 350 000 personnes pendant 18 ans vient de conclure que le taux de tumeurs au cerveau constatée sur cette population n’était pas plus élevée chez les utilisateurs de téléphone portable que chez ceux qui n’en utilisaient pas. Cependant des experts indépendants estiment que cette étude présente des erreurs et des déviations d’interprétation ce qui fait qu’elle semble essentiellement publiée pour rassurer les médias et le public sur l’innocuité de la téléphonie mobile à l’heure des grandes manœuvres dans le secteur.

Difficile donc de se faire une opinion, mais on a tous eu l’expérience d’un mobile placée à côté d’un équipement électronique (écran cathodique, système de son,…) qui perturbe de cet équipement : bruit, déformation d’image… Le bon sens nous dit donc que si l’émission d’ondes des mobiles est capable à distance de perturber des équipements électroniques, alors ce mobile placé sur l’oreille a probablement un effet sur les cellules du cerveau, même si on ne sait pas l’analyser précisément aujourd’hui.

D’un autre côté, il est vrai que la technologie a beaucoup évolué ces dernières années, et les téléphones actuels ont une émission d’ondes beaucoup plus faible que les anciens. En contre-partie il y a une importante augmentation de l’usage et il est difficile de faire la part entre les deux facteurs. En effet là où il y a quelques années les utilisateurs se contentaient d’un forfait 1 heure en GSM, aujourd’hui les forfaits illimités avec des accès 2G, 3G, Wifi,…sont monnaie courante avec des prix attractifs. Les consommateurs ont donc augmenté très fortement l’utilisation de leur téléphone portable (conversation plus longue, utilisation dans les transports, réseau sociaux, tchat, réveil….)

Avec le manque de recul insuffisant pour exclure totalement l’hypothèse d’un risque, il est sage en vertu du «  principe de précaution », et sans rejeter d’un bloc l’utilisation du téléphone portable, de respecter quelques bonnes pratiques pour l’utilisation du téléphone portable :

Choisir un téléphone avec un DAS faible :

L’une des caractéristiques techniques du téléphone mobile est le DAS (Débit d’Absorption Spécifique), qui est le niveau maximal d’ondes radio auquel vous pouvez être exposé lorsque le téléphone est contre votre oreille et qu’il fonctionne à sa puissance maximale. L’obligation réglementaire pour un fabricant pour vendre en France est de publier la valeur du DAS, et que celle-ci soit inférieure à 2 W/kg. Cependant tous les téléphones ne sont pas égaux avec des écarts important entre les plus faibles DAS, et les plus forts Par exemple le Samsung Galaxy S affiche 0,27 W/kg, l’Iphone 4 affiche lui 0,93 W/kg, et le Blackberry Curve 9300 est à 1,45 W/kg.

Limiter les appels et leur durée

La tentation des offres de forfaits illimités est grande, avec elle une augmentation très sensible de la durée des conversations et donc une augmentation du temps d’exposition du cerveau aux radiations. Les agences sanitaires recommandent de téléphoner le moins possible : des coups de fils de quelques minutes au maximum et suffisamment espacés dans le temps. Cependant il vaut quand même mieux faire un appel de 9 minutes à une même personne plutôt que de passer 3 appels de 3 minutes, car c’est dans les phases initiales d’établissement de la communication que les émissions sont les plus fortes. En conclusion prendre un forfait limité en durée conduit naturellement à limiter la durée d’appel et donc d’exposition, ne vous précipitez donc pas sur les forfaits illimités.

Utiliser le kit mains-libre

Peu de personnes l’utilisent, pourtant son efficacité est prouvée. Eloigner de la tête le téléphone réduit de manière importante l’énergie absorbée par le cerveau

Eviter si possible de téléphoner en déplacement rapide

Un téléphone portable en déplacement rapide passe une partie de son temps à rechercher l’antenne relais la plus proche et la plus adaptée. Il émet donc pendant ces recherches à la puissance maximale, bien que cela ait été largement amélioré en 3G par rapport à la 2G. Donc éviter de téléphoner en voiture ou en train car le changement d’antenne relais est fréquent.

Laisser le mobile inutilisé loin du corps.

Même lorsqu’on ne l’utilise pas, un mobile émet en permanence des ondes : synchronisation de données, vérification d’email, envoi d’information de présence à l’antenne relais. Plutôt que de laisser votre mobile dans une poche, mettez-le dans un sac, ou posez-le à portée de main. Si vous souhaitez utiliser votre mobile comme réveil éloignez- le au maximum de votre tête, et mettez-le en mode « avion » pour conserver la fonction réveil mais stopper toute émission d’ondes par le mobile.

Téléphoner à la maison, ou au bureau

Si vous avez une ligne fixe à la maison ou au bureau, préférez l’utilisation de cette ligne à celle du téléphone portable. Le must étant d’utiliser sur la ligne fixe un combiné filaire et non pas un combiné DECT (sans fil) qui lui aussi émet un rayonnement (mais généralement plus faible que le téléphone mobile).

Eviter les zones de mauvaise réception

Evitez de téléphoner dans les zones de mauvaise réception lorsque la barre de puissance du signal est proche de zéro (ascenseur, métro, …). En effet dans ce cas le téléphone doit augmenter sa puissance d’émission au maximum. Dans certains cas il suffit de se déplacer de quelques mètres, ou de se rapprocher d’une fenêtre pour augmenter sensiblement la qualité de communication avec l’antenne relais, et donc diminuer la puissance d’émission du téléphone.

Désactiver les fonctions du Smartphone inutilisées.

Limitez ou désativez les fonctions du Smartphone qui entrainent des communications. Ainsi préférez une synchronisation déclenchée manuellement, ou avec une période longue plutôt qu’une synchronisation qui vérifie toutes les minutes la disponibilité de nouvelles informations. Si vous n’avez pas besoin du Wifi, désactivez le, en effet lorsque celui est actif il recherche périodique de hotspots, même pendant vos communications téléphoniques en 3G ou 2G.

Eviter l’utilisation du téléphone portable par les enfants et par les femmes enceinte

Les enfants sont beaucoup plus sensibles à la pénétration des radiations dans leur boîte crânienne que les adultes. Les études montrent que dans les mêmes conditions d’utilisation d’un téléphone portable une enfant recevra plus de radiations qu’un adulte : un enfant de 5 ans recevra 4,49 W/kg, et un adulte 2,93 W/kg. (cf schéma ci-dessous)

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Un commentaire

  1. Meris dit :

    L’étude danoise, qui a attiré l’attention des médias du monde entier, donne une fausse assurance au public sur la sûreté de l’usage des portables. Elle affaiblit les avertissements des autorités qui établissent les mesures de précaution à prendre dans l’usage des portables et qui, ainsi, nous protègent des risques, surtout pour les enfants. Un grand nombre d’experts indépendants disent que cette étude est faussée. Elle représente le prolongement d’une enquête, arrêtée en 2002, financée en partie par l’industrie danoise de télécommunications. Des scientifiques de l’Institut international d’epidémiologie (IEI) ont contribué à cette enquête. Cet institut a aidé l’industrie de télécommunications dans sa défense contre les plaintes légales portées par des personnes atteintes de cancers liés à l’usage des portables. Même la crédibilité du Journal BMJ est mise en question, du fait, entre autres, de ses liens avec l’industrie pharmaceutique

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